2 décembre 2020-Temps de lecture : 9min

CMS responsable et site web éco-conçu : peut-on utiliser WordPress ou Prestashop tout en se préoccupant du développement durable ?

Aujourd’hui, nous vous proposons une colle ! Et nous nous attaquons à une question qui agite Internet depuis quelques années.

A l’heure où de plus en plus d’entreprises et d’industries se réinventent pour relever le défi du changement climatique et où de plus en plus de personnes changent leurs comportements et leurs modes de consommation pour préserver l’environnement, on peut se demander si nous n’avons pas, nous aussi, notre rôle à jouer dans la transition écologique.

Et la réponse est forcément oui ! Mais pas seulement en éteignant nos écrans et ordinateurs après notre journée de travail. Non ! Nous pouvons forcément aller plus loin en revoyant aussi nos outils de production. Parce qu’aujourd’hui, Internet dans le monde et en France, c’est ça :

infographie éco-conception site web

Un changement, qui, comme tout changement, ne sera pas facile à mettre en place mais des questions que nous souhaitons VRAIMENT poser, pour nous et pour nos clients. Alors pour vous présenter la chose, nous vous embarquons dans un monde alternatif. Celui du site web éco-conçu et du CMS responsable !

Site web éco-conçu : un terme qui englobe une multitude de paramètres !

Quand nous avons demandé à notre directeur Front-End, ce qu’était pour lui un site éco-conçu il nous a répondu par une autre question. Plusieurs même. Du genre « Tu veux parler de quoi ? Du design ? Des données ? Des serveurs ? De la source de l’électricité utilisée ? ». Apparemment, il avait déjà pas mal réfléchi et effectivement, quand on parle de site web éco-conçu, il y a une multitude de paramètres à prendre en compte. Et sur lesquels nous pouvons avoir une influence plus ou moins grande.

Un graphisme, qui claque toujours, mais allégé

Vous serez sans doute d’accord pour dire que plus le graphisme est complexe, plus il contient d’éléments. Des éléments qui devront être chargés par le navigateur, entraînant moults requêtes à chaque changement de page. L’éco-conception commence donc à l’étape de… conception ! Oui, gros scoop.

Back to basics, c’est un peu le point de départ d’un site éco-conçu

Et ça tombe plutôt bien parce que la tendance est au minimalisme. Moins d’images, moins d’éléments graphiques, avec à la clé une expérience utilisateur allégée, simple et fluide.

Fini les vidéos lancées automatiquement et les jolies animations, plutôt gourmandes en requêtes. Et c’est là-dessus que nous avons encore des efforts à faire. Comment créer le célèbre « effet waouh » et donner de la personnalité tout en restant le plus sobre possible ? Un vrai défi, mais loin d’être irréalisable et surtout, un paramètre que l’on maîtrise complètement !

  • A noter : on entend souvent dire que les couleurs claires demandent plus d’énergie pour être affichées. Et c’est vrai pour les écrans LED, mais malheureusement pas forcément pour les écrans LCD. Un vrai casse-tête pour les designers éco-responsables ! Que certains résolvent en développant un mode clair et un mode sombre.

Coder pour faire la même chose, mais en moins de lignes

C’est la fameuse approche KISS : Keep It Simple and Stupid. Et ceux qui se sont déjà essayés à coder savent que ce n’est pas si facile d’être stupide ! L’idée est de simplifier au maximum les solutions, de limiter les fonctionnalités complexes et de carrément supprimer celles qui ne répondent pas directement à un besoin.

Il s’agit de réfléchir et de se questionner sur ce que nous écrivons, pas seulement sur le résultat

Heureusement, il existe des outils soit pour aider les développeurs à simplifier leur code, soit pour l’analyser et repérer les axes d’amélioration. Parmi eux, nous pouvons citer UnCSS ou Lighthouse qui s’utilise dans Chrome DevTools.

Un hébergement vert, ça existe ?

Enfin, les datas centers qui hébergent les sites web sont souvent accusés de tous les maux. Et c’est peut-être le paramètre sur lequel nous avons le moins de prise. S’il était jusqu’à récemment assez difficile de trouver un hébergeur qui utilise des sources d’énergie renouvelables ou dont les datas centers ne se trouvent pas à des milliers de kilomètre de nous, les choses changent doucement. Ikoula par exemple, promet des datas centers en France et fournis uniquement en énergie verte. Quand Infomaniak, qui se situe en Suisse, semble prendre le problème à bras le corps et s’engage sur tous les fronts du développement durable. Moyennant évidemment, des tarifs un peu supérieurs à ses concurrents. Même notre partenaire de longue date OVH, aborde ce sujet en trouvant des solutions pour réduire ses consommations d’énergie.

hébergement vert site éco-conçu

Pour aller plus loin, nous pouvons même imaginer des horaires d’ouverture pour certains sites web. Les serveurs pourraient ainsi être désactivés quelques heures pendant les périodes creuses, avec à la clé, un impact positif sur la consommation d’énergie. Parce qu’en réalité, a-t-on vraiment besoin de pouvoir commander une paire de chaussure ou un téléphone à trois heures du matin ? La question reste ouverte !

Le CMS responsable, une problématique dans la problématique ?

Maîtriser le design, le code, l’hébergement… Nous y sommes presque ! Mais (parce que oui, il y a un mais sinon ce serait bien trop facile !), la plupart de nos clients souhaitent un site administrable facilement. Autrement dit, ils n’ont pas l’envie, les compétences ou le budget pour mettre le nez dans notre code à chaque fois qu’ils veulent modifier une page, ajouter un article ou un produit. Et c’est bien normal.

Et c’est là qu’interviennent fatalement les CMS. Content Management System en anglais dans le texte. Vous les connaissez très certainement à travers leurs plus grands représentants : WordPress, Prestashop, Sylius. Mais il en existe des dizaines : Drupal, Magento, Joomla pour ne citer qu’eux. Alors certes, les CMS nous facilitent vraiment la vie, mais ils cachent aussi un lourd secret.

Des lignes et des lignes de code, prévues « au cas où » et qui restent très souvent inutilisées

Forcément, mettre en place un backoffice nécessite des développements supplémentaires auxquels nous pouvons difficilement échapper. Mais bonne nouvelle, il y a bien quelque chose à faire pour alléger les sites réalisés sous CMS. Et cela consiste avant tout dans le choix du bon thème.

 

Certains thèmes sont très généralistes. Ils permettent aussi bien de créer un portfolio pour un photographe, que le site vitrine d’une entreprise ou qu’un format blog. Certes, c’est agréable d’avoir du choix dans la mise en page et dans les animations. Mais ces thèmes sont en fait de vrais usines à gaz qui alourdissent beaucoup le code et qui n’apportent souvent rien en termes d’efficacité ou d’expérience-utilisateur. Au contraire !

Que faire alors ?

Quand on n’est pas développeur, la solution est d’aller du côté de thèmes lightweight, qui sont souvent plus minimalistes (encore !), avec moins d’animations. Mais la solution la plus responsable reste encore de créer son propre thème. Il sera dans ce cas 100% adapté aux besoins et n’embarquera pas de fonctionnalités non utilisées. Dans la majorité des cas, c’est ce que nous proposons à nos clients, avec un bénéfice en termes de performances, d’originalité et d’UX.

Il est aussi nécessaire d’abandonner certaines pratiques. Le slider, hyper à la mode, par exemple a fait long feu. Peu adapté au mobile et hyper gourmand en plugins en tout genre, son efficacité en termes d’UX est régulièrement remise en question. Idem pour les images de background avec effet parallaxes. Comme nous l’avons vu tout à l’heure, moins c’est mieux !

Comment savoir si un site web est éco-conçu ?

Et pour savoir si nous devons améliorer un site web et sur quels leviers nous pouvons jouer, il existe plusieurs outils. GTmetrix, Webpagetest, Ecoindex, tous analysent un site à partir de son url. Ils fournissent des informations sur la quantité de requêtes, le poids de la page d’accueil, la vitesse de chargement. Et donnent des recommandations pour améliorer ces différents points.

Mais quand on parle éco-responsabilité, EcoIndex est le plus pertinent.

En plus de délivrer des données sur la complexité de la page, l’utilisation de la bande passante ou la charge serveur, il fait un point sur l’empreinte environnementale du site. Avec deux chiffres-clés : les émissions de gaz à effet de serre et la consommation d’eau.

exemple ecoindex site éco-conçu cms durable

Le site a été mis au point par le collectif GreenIT, soutenu par de grandes entreprises, des collectivités et des associations. Avec pour seul et unique but un internet plus vert. Pour cela, ils ont créé un blog pour le grand public. Mais aussi une checklist en 115 point des bonnes pratiques d’éco-conception dans le web. Le langage est technique. Le référentiel s’adresse donc plutôt aux chefs de projets et aux développeurs. Si, comme nous, vous en êtes, nous vous invitons vraiment à aller y jeter un coup d’œil. Vous verrez qu’il y a énormément de points sur lesquels s’améliorer. Et si cela peut paraître un peu fastidieux, souvenez-vous que ce sont les petits ruisseaux qui forment les grandes rivières. 😉

Enfin, signe que les temps changent, des labels viennent homologuer les sites éco-responsables. Le label de la Green Web Foundation par exemple certifie l’utilisation d’un hébergement vert. D’autres sont plus complexes comme celui du Green Code Lab ou le label Numérique Responsable. Tous deux demandent une formation au Green IT suivi d’une mise à niveau du site et d’un audit certifiant.

En conclusion, nous ne devons plus nous contenter de faire de beaux sites qui fonctionnent !

Oui, on dit « nous ». Parce que nous sommes conscients que nous avons aussi des progrès à faire sur ces points. Nos sites sont beaux et ils marchent bien (c’était la minute modestie) mais nous devons aller plus loin. Et intégrer ces réflexions sur l’éco-conception et le CMS responsable à nos process. D’autant plus qu’il y a des avantages indéniables à simplifier les choses. En termes d’UX comme nous l’avons évoqué, mais également en termes de performances, de référencement et même, pour nos clients, de coûts de maintenance.

L’éco-conception demande de faire des économies de ressources à tous les niveaux d’un projet digital. Les problématiques environnementales et de performances se rejoignent sur ce terrain, car, éco conçu ou pas les Web Perfs sont désormais le critère premier de toute plateforme. Encore une fois, tout est lié. Et si vous avez un projet de ce type, nous serions ravis de vous accompagner sur ce sujet ! 🙂🌳

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